Un million de mentions…

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Je viens de publier les rapports saisonniers d’observations de l’automne 2020 pour 28 clubs répartis dans la province. Si vous commencez par le rapport pour la province entière, vous constaterez que pour la première fois à cette saison, les ornithologues ont franchi le cap du million de mentions!

Évolution de l’effort d’observation à l’automne au Québec depuis 1970
Des multiples sont présentés pour certaines mesures, afin que les courbes soient de magnitude similaire.

Comme le montre la figure, la hausse des nombres de listes, des nombres de mentions et des nombres d’observateurs est bien sentie, voire vertigineuse depuis quelques années. Où cela va-t-il s’arrêter?

On imagine que la COVID-19 a quelque chose à voir là-dedans, mais cela demeure une hypothèse pour l’instant. N’en demeure pas moins que lorsqu’on devient accro aux oiseaux et à la science participative, c’est souvent pour la vie! Je salive déjà devant l’avalanche de données qui se pointe à l’horizon, et qui nous permettra de mieux comprendre nos populations d’oiseaux. Et de mieux les apprécier.

La courbe orange sur la figure dénote les nombres d’espèces d’oiseaux observées à l’automne (août à novembre) dans la province chaque année. Pas surprenant que cette courbe aussi augmente. Plus y’a d’yeux… Mais tout de même, la hausse est étonnamment régulière, sans l’accélération récente des autres courbes. Cela est probablement dû à la relation non-linéaire entre l’effort d’observation, disons les heures totales, et le nombre d’espèces découvertes. Non-linéaire en ce sens qu’elle « plafonne » à un moment donné. Par exemple, chaque heure supplémentaire passée à observer des oiseaux amènera en moyenne un lot plus modeste d’espèces nouvelles que l’heure précédente. En anglais on parle de diminishing returns, un principe économique aussi connu sous le nom de « Loi des rendements décroissants ».

Pour que la hausse du nombre d’espèces se maintienne au même rythme, selon moi il faudrait que la hausse de l’effort d’observation demeure exponentielle. Ou encore, que la hausse de la qualité des ornithologues soit substantielle. Si la question vous intéresse, je vous invite à consulter un texte de l’été dernier abordant le même phénomène.

Je vous laisse avec une image croquée ce matin non loin de chez moi, et je reviens très bientôt avec un texte sur la production d’oiseaux boréaux en 2020.

Jaseurs boréaux à Beauport, décembre 2020

André Desrochers

Un commentaire

  1. Reste à voir l’empreinte écologique de temps d’observateur et le dérangement que les observateurs ont sur les oiseaux….les photographes étant de plus en plus friands du meilleur cliché….et ma conjointe ajoute le CO2 émis pour tous les déplacements pour les oiseaux rares …

    L’irrespect des sentiers, sites naturels reconnus et aussi tous les observateurs et villégiateurs sur les rivages du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie (chiens inclus) ont eu un impact sûrement sur le nourrissage et aires de repos des oiseaux migrateurs (de rivage plus particulièrement). Ce phénomène a été plus particulièrement observé cet automne, où rarement une plage était déserte (humain et chien), entre Rimouski et Ste-Luce).

    Petit commentaire constructif où je crois fortement que des aires de non-accès devrait être fait pendant certaine période sur les plages plus utilisés par les limicoles. Autre petite note, la réserve de faune de la Pointe-au-Père a des promeneurs régulièrement sur sa pointe ouest et aussi des photographes qui s’avancent bien loin pour photographié des oies sur des aires d’alimentation, et se, dans une aire naturel sans droit d’accès, sauf au site aménagé.

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